ffg Prix de thèse de la FFG - Total 2012 total

 

Le prix de thèse FFG-Total 2012 a été accordé à Ludovic Ravanel pour sa thèse « Caractérisation, facteurs et dynamiques des écroulements rocheux dans les parois à permafrost du massif du Mont Blanc », soutenue en 2010 à l'Université de Savoie et présentée par le Groupe Français de Géomorphologie (GFG). Le prix 2012 sera remis le jeudi 14 Juin 2012, lors de la réunion inter-association qui suivra l'assemblée générale de la FFG à partir de 12h30 (salle Van Straelen à la Maison de la Géologie, 77 rue Claude Bernard, Paris 5ème).

Résumé de la thèse :

L’étude des écroulements rocheux (volume > 100 m3) en haute montagne est indispensable pour comprendre l’évolution des paysages et pour évaluer un risque naturel important. Ces écroulements semblent actuellement en recrudescence dans les Alpes, tandis que la vulnérabilité s’accroît tant en haute altitude que dans les fonds de vallée.

Cette recrudescence est souvent mise en rapport avec le réchauffement climatique au travers de la dégradation du permafrost. Mais en raison d’un manque d’observations systématiques, la fréquence, le volume et les facteurs de déclenchement des écroulements restent mal connus. Cette thèse analyse des inventaires d’écroulements rocheux dans les parois du massif du Mont Blanc réalisés à l’aide de trois méthodes innovantes, caractérisant les conditions de leur déclenchement, et appréciant en particulier le rôle du permafrost dans celui-ci.

(i) La comparaison de photographies de deux secteurs du massif (Drus et Aiguilles de Chamonix) prises entre 1860 et 2009, combinée aux données géomorphologiques de terrain, a permis de recenser l’occurrence de 50 écroulements pendant cette période, d’un volume compris entre 500 et 265 000 m3. Dans la plupart des cas, leur déclenchement est concomitant avec les périodes les plus chaudes, que ce soit depuis la fin du Petit Âge Glaciaire (les deux dernières décennies) ou au cours d’une année (épisodes estivaux chauds).

(ii) A l’aide d’un réseau d’observateurs constitué de guides en particuliers, nous avons documenté les écroulements rocheux d’un volume compris entre 100 et 50 000 m3, qui se sont produits en 2007 (n = 45), 2008 (22) et 2009 (72) dans le secteur central du massif du Mont Blanc. Cet inventaire a été complété par le recensement de 182 écroulements à la fin de l’été caniculaire de 2003 dans l’ensemble du massif par télédétection. La plupart des cicatrices d’arrachement de ces écroulements est située dans des secteurs dont la modélisation suggère qu’ils sont caractérisés par un permafrost « chaud » (entre -5 et 0°C), le plus sensible à une dégradation en lien avec le réchauffement climatique. La présence de glace massive observée dans de nombreux cas tend à confirmer le rôle du permafrost dans le déclenchement des écroulements.

(iii) Enfin, la comparaison diachronique de modèles 3D à haute résolution obtenus par laserscanning terrestre répété annuellement a permis la quantification des volumes rocheux détachés. Ce sont ainsi 69 détachements de 1 à 426 m3 qui ont été mesurés depuis 2005 sur une dizaine de parois-pilotes situées entre 3000 et 4500 m d’altitude et présentant une diversité de pente et d’orientation. Leur analyse indique que la morphodynamique de ces parois dépend de leurs conditions géologiques, topo-climatiques, thermiques et d'englacement.

Les écroulements dans le massif du Mont Blanc résultent ainsi d’un faisceau de facteurs parmi lesquels, ceux passifs que sont la topographie et la géologie sont déterminants sans expliquer à eux seuls le déclenchement. Par ses méthodes qui ne se focalisent pas sur quelques événements, mais qui s’appliquent à tout un massif, cette thèse a montré que, parmi les facteurs actifs, la dégradation du permafrost apparaît comme le principal facteur de déclenchement des écroulements.

 

Mise à jour : 15.06.2012


    
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